Dimanche

Avis à mes proches : vous le savez tous, je hais le ROUGE. 

rouge coquelicot

Alors à partir d'aujourd'hui je n'accepte plus les cadeaux rouges (l'emballage passe à la poubelle). Ne m'obligez pas à faire ma gentille, à faire la faux cul. J'en ai marre de de me retrouver avec un cadeau que je déteste et dont je vais tout faire pour me débarrasser (payer un peintre pour repeindre des tulipes en bois, trouver une association à qui donner un sac à tarte ...). 

Même fait avec amour, ça ne m'apporte que contrariété et perte de temps. Alors stop !

Ma mère va encore me faire des reproches. « Ça ne se fait pas » mais pourquoi accepter de subir encore et toujours ?

Et ne venez pas me dire "C'est rouge mais J'espère que ça ira quand même."
Ben non. Ça n'ira jamais. Parce que le rouge ne deviendra jamais bleu.
Vous voudriez que je vous offre des gâteaux en vous disant "Ils sont infectes mais j'espère que ça ira quand même ?"

Cette aversion pour le rouge n'est pas nouvelle, j'en parlais déjà ici. Mais n'y voyez pas une lubie. Je suis née comme ça. Le rouge me pique les yeux, m'agresse et me rend agressive.
Du plus loin que je me souvienne, à 4 ans je disais déjà à ma grand mère, le parapluie rouge que tu m'offre, il est moche.
Et même au travail, j'étais obligée de tourner une chaise à dossier rouge dans mon champ de vision parce qu'elle clignotait sur ma rétine. J'ai cru à un défaut de l'éclairage avant de comprendre ...

Bon, vous avez compris, mon cadeau de fête des mères était un plat à tajine rouge. C'est vraiment dommage parce que ça me faisait plaisir un plat à tajine. Mais pas rouge vif ! Ce n’est pas comme si je n'avais jamais dit à mes enfants que je déteste le rouge. Ce n'est pas comme si je ne leur avais pas cassés les oreilles à chaque cadeau rouge ...

C'est quand même nier mes goûts et mes dégoûts. Ça ne se fait pas non plus.
Offrir un cadeau c'est pour faire plaisir pas pour pourrir la vie au destinataire ! Offrir un cadeau en sachant à l'avance que ça ne va pas plaire, ça ne se fait pas non plus ! Quand on n'a pas d'idée, on offre de fleurs périssables ou des bonbons (pour faire comme Brel).

Je croyais que mes enfants avaient compris le message. Je suis déçue.

Je suis vidée. J'émerge 3 ou 4 fois une heure dans la journée. 
Cette fatigue intense me donne envie de pleurer.
J'ai de nouveau l'impression que je ne vais pas y arriver. Je diminue la dose d'un petit comprimé.

Ma vie me semble une peau de chagrin. Je survis couchée.
Mais à force d'être couchée j'ai de plus en plus mal aux côtes.

J'ai aussi de gros bruits de tuyaux. Total : la nuit je me réveille toutes les heures.

J'essaie une nouvelle crème hydratante sur mes pieds. Ça me brûle ... J’abandonne cette crème et je mets une couche de Dexeryl pour calmer les choses.

Lundi

Fatiguée après une mauvaise nuit, mais je me sens mieux, plus détendue et plus envie de pleurer. Mais je n’émerge pas beaucoup du lit.

Je diminue encore d’un petit comprimé pour retrouver un peu de force et arrêter de m’endormir en mangeant.

Mardi

J’arrive enfin à allumer l’ordinateur. Après une sieste le matin et une sieste après manger tout de même.

Envie de rien. Pas d'appétit.

Mercredi

Je me traine au marché.

Je reste tranquille l'après-midi. Je me sens mieux. J'ai envie de chips et de saucisson.

Les chips ça attendra.

4ième moustique de la nuit. Ils ne sont pas repoussés par la chimio dans mon sang ? Je suis sûre que s'ils me piquent ils meurent. Piètre consolation ...

Le soir j'augmente la dose d'un petit comprimé.


Jeudi

Je passe une mauvaise nuit et je me traine toute la journée. Pas le courage d'aller au tai chi.

Je marche 20 min à pas de fourmis mais j'arrive à la maison dans un état très flagada. Je mets 15 min à m'en remettre.

Je n'ai même pas l'envie de crocheter !

Je ne prends pas de petit comprimé le soir.

Mes gencives ne saignent pas contrairement à hier.


Vendredi

J'émerge vers 15h30. Mais je maintiens le petit comprimé du matin.

Si les mutants sont aussi flagadas que moi, j'ai une chance qu'ils y restent.

Je suis sur le fil : j'oscille entre reprendre des forces et voir le cancer reprendre aussi des forces et être flagada, et lui aussi. Le problème est qu'il ne faut pas que je descende trop ... Pas simple de trouver le bon dosage.

Je marche 20 min à pas de fourmis mais je vais moins loin et plus doucement. J'arrive à la maison dans un état moins OUT qu'hier. Je récupére mieux.

J'arrive à crocheter. 

Ranger le lave-vaisselle m'oblige à me reposer une demi-heure.

Je prépare le tableau de prise du Xeloda pour l'oncologue.

Allez ! Plus qu'un jour pour cette série.

Je me tâte : demain je prends combien de comprimé ?

Impossible de m'endormir avant 2h du mat. Des impatiences dans les jambes (temps lourd d'avant orage ?

Mal dans les reins. Je bois à chaque réveil pour compenser ce que je n'ai pas bu dans la journée.

 

Samedi 

Je ne prends pas de petit comprimé. J'émerge vers 16h.

Mon exploit du jour : récolter une botte de radis avant la pluie.

Je fais de la wii mais je ne tiens que 10 min.

Je me rends compte que mes abdos ont fondus aussi (ah ce Xeloda qui fait fondre les muscles). Je pense qu'ils ne soutiennent plus assez mes organes ce qui expliquerait que mon ventre continue à gonfler comme un ballon de baudruche alors que mes membres ont fondus. Je vais avoir l'air d'une tomate albinos sur des cures dents si ça continue ...
Albinos parce que je suis terne, un peu comme du papier mâché. Manque de fer ?

Mauvaise circulation (confirmé par un bouquet d'hémorroïdes). Pas étonnant en restant couchée toute la journée …