Dimanche

Je suis très fatiguée. Je fais 2 siestes chez mes hôtes avant de reprendre la route. La chaleur n'arrange rien. Mes chevilles sont gonflées. Je vais abandonner les baskets, trop chaudes même si l'oncologue me dit de protéger mes pieds. Si je prends de l'eczéma ça ne sera pas mieux ...

Mes urines sont rationnées et très foncé.

Je ne reprends pas le Xeloda. Je vais enfin commencer à l'éliminer puisque j’ai fini la semaine de pause !

 

Lundi 

104 cm au nombril 

79 kg : 4 kg de plus que 3 semaines avant.

Je me traîne et je traîne mon ventre comme un boulet. Mon dos en souffre.

Mes urines sont plus claires et plus abondantes le matin.

La tâche rouge en haut de ma cuisse (depuis l'augmentation des doses) a complètement disparue.

33 min de marche à pas lents.

Le soir 105 cm de tour de ventre au niveau du nombril. 

Mes pieds sont gonflés : on ne voit plus ressortir l'articulation des chevilles.

Je me fais un bain de pieds à l’eau tiède. Mes pieds picotent beaucoup : le syndrome mains – pieds dû à la chimio.

 

Mardi 

Pleine comme un œuf, je ne peux pas avaler grand-chose.

 Rendez-vous avec l'oncologue qui décide une ponction du liquide après une échographie du ventre pour déterminer où piquer et pour contrôler qu'il n'y a pas de bouchon qui bloque le foie et nécessiterait une intervention chirurgicale.

Il s'agit bien d'ascite pouduite par la foie et qui se déverse dans le péritoine entre les organes, ce qui explique ma vessie et mon intestin comprimés. Le foie est gêné par les tumeurs qui font obstacles en empêchant le sang de passer correctement à l'intérieur.

On met 4 heures à retirer 3,8 l d'ascite avec une seringue dans le bas de mon ventre. Mon dos est grandement soulagé, ainsi que mes côtes et tous mes organes.

Pour calmer mon foie et limiter la production de bilirubine qui colore mes urines, je passe à des perfusions de cortisone, pansements gastriques et hydratation en HAD (Hospitalisation à domicile).

Si ça fonctionne, on pourra faire une autre chimio. Par contre, si le foie ne se calme pas, l'oncologue n'a plus de solution à me proposer ! GLUPS !

C'est vraiment dur à entendre ! Plus de solution ! Ca veut dire qu'on va simplement me regarder mourir ? Les questions se bousculent dans nos têtes.
Et pourquoi pas une greffe ? Impossible répond le médecin. Le nouveau foie serait immédiatement contaminé par les métastases.
Et pourquoi ne pas enlever les obstacles ? Réponse : ça ne vous guérirait pas.
Des questions restent en suspens pour un prochain rendez-vous : Pourquoi ne pas tenter une autre approche ? Même si je ne gagne que 6 mois, ce sursis pourrait permettre un autre traitement.

 Et puis, je vais tenter les médecines parallèles pour m'aider à supporter ...